19 octobre 2010

17 octobre 2010

Nigelles de Damas & baies de rose



Des fleurs des champs toutes simples glanés sur le marché du dimanche matin
se mettent en scène dans les vases de la maison.




Enorgueillies de porter un si joli nom elles occupent l'espace avec grâce et seront des instants de joie pour les jours à venir.




Choisir et disposer les vases : il y a un moment où cela devient harmonieux, un sentiment délicieux.

16 octobre 2010

Instantané de Chine 1



种 瓜 得 瓜 种 豆 得 豆

zhong gua de gua zhong dou de dou

qui sème des pastèques récolte des pastèques, qui sème du soja récolte du soja


On récolte ce que l'on sème



23 juillet 2010

Lèche-vitrine 4




Dans la vitrine d'une boutique Ventilo, rue de Poitou, un coq observe avec intérêt un papillon géant se poser sur une pivoine épanouie.

15 juillet 2010

air & eau



"J'ai toujours profondément ancré dans mon esprit des visions de paysages marins.
J'en ai réalisé environ cinq cents. La comparaison est un facteur clé.



J'ai parcouru le monde à la recherche de ces paysages marins.
J'ai fait toutes les côtes européennes, françaises, anglaises, allemandes, même les bords de mer au Japon.



Le concept au départ, c'est juste de l'air et de l'eau.
Ce sont sans doute les mêmes visions que pouvaient avoir les hommes, il y a plusieurs millions d'années lorsque, debout au bord des falaises, ils regardaient vers le large.



C'est donc juste un échantillon pour donner l'idée d'une sorte de voyage dans le temps, un voyage pour observer le temps, pour revenir sur de très anciens souvenirs de notre culture."

Hiroshi Sugimoto.

14 juillet 2010

Nuage



Liu Xiao Fang, "Le Nuage" de la série "Je me souviens" 2009 © Liu Xiao Fang


Liu Xiao Fang est née en Chine en 1980 et étudié à l'Académie centrale des Beaux-Arts de Pékin.

Ses mises en scène lyriques, inspirées de souvenirs d’enfance, présentent la Chine
contemporaine sous l' angle insolite d'une petite fille portant une robe blanche et un foulard rouge qui vit des phénomènes extraordinaires.
La Chine urbaine est absente. Les scènes se déroulent dans un paysage où la mer et le ciel se fondent dans un bleu pur.
Entre passé et présent, peinture et photographie, l’oeuvre évoque un univers de contes où l’illusion fusionne avec le réel.

07 juillet 2010

Pourquoi la Chine ?


sur la plage du Goret, île-aux-moines, juillet 2010 :
Pavillon dans un paysage, Feuille d'album par Qiu Ying (1494-1495 - 1552), Calligraphie de Zhen Ming, conservé au Musée Guimet, Paris.

Personne mieux que Simon Leys (Pierre Ryckmans), n'a su mettre des mots si justes sur cette attirance -profonde chez moi- pour la Chine :

"Du point de vue occidental, la Chine est tout simplement l'autre pôle de l'expérience humaine. Toutes les autres grandes civilisations sont soit mortes (Égypte, Mésopotamie, Amérique précolombienne), ou trop exclusivement absorbées par les problèmes de survie dans des conditions extrêmes (cultures primitives), ou trop proches de nous (cultures islamiques, Inde) pour pouvoir offrir un contraste aussi total, une altérité aussi complète, une originalité aussi radicale et éclairante que la Chine. C'est seulement quand nous considérons la Chine que nous pouvons enfin prendre une plus exacte mesure de notre propre identité et que nous commençons à percevoir quelle part de notre héritage relève de l'humanité universelle, et quelle part ne fait que refléter de simples idiosyncrasies indo-européennes. La Chine est cet autre fondamental sans la rencontre duquel l'Occident ne saurait devenir vraiment conscient des contours et des limites de son Moi culturel."

in L'Humeur, l'Honneur, l'Horreur. Essais sur la culture et la politique chinoises, Paris, Robert Laffont, 1991, p. 60-61.

21 juin 2010

17 juin 2010

cahier d'artiste


Cahier

Assemblage de feuilles de papier reliées ensemble, muni d'une couverture.
Cahier de papier réglé, quadrillé. Cahier de cours, cahier d'exercices, cahier de brouillon. Un cahier d'écolier bien tenu, mal tenu.

Dans le cahier, les pages sont liées l'une à l'autre, les jours aussi.
Une page après l'autre, on avance sans se retourner.




Je découvre en ligne les cahiers de 1962 à 1979 de l'artiste polonais jan berdyszak, de nombreuses pages de compositions gestuelles à l'encre,




mais aussi des gouaches.





C'est très beau.





Né en 1934 à Zawory, l’artiste concentre son activité autour de la peinture, de la gravure, de la sculpture, des installations et de la scénographie théâtrale.
Théoricien de l’art et pédagogue, il préside, depuis de nombreuses années, le Conseil du Centre de la Sculpture Polonaise à Oronsk.


14 juin 2010

Réminiscences



Enfin je vais voir l'exposition Saint-Laurent, au petit palais.

C'est véritablement un voyage immobile au cours duquel se mêlent l'émerveillement et un soupçon de mélancolie.



Bien mieux que je ne saurais le faire, à peu près tout a été dit, écrit sur YSL, sur sa timidité désarmante, sa passion pour l'art et surtout son talent d'artiste toujours en mouvement, dans son temps.

Cependant, son oeuvre me touche d'une façon singulière, parce que depuis l'enfance, il ressurgit invariablement et ses créations m'enchantent, ouvrent des fenêtres, entrebâillent des portes closes.

Son "dialogue avec l'art" m'a captivée d'emblée.
L'année de ma naissance il crée la série de robes en hommage à Piet Mondrian :
"J'aime d'autres peintres, mais ceux que j'ai choisis étaient proches de mon travail, c'est pour cela que je les ai sollicités. Mondrian, bien sûr, qui fut le premier que j'osai approcher en 1965 et dont la rigueur ne pouvait que me séduire, (...)"




Aperçue dans un magazine quand j'étais enfant, cette robe a continué de me fasciner jusqu'à se muer en leitmlotiv au fil des années.



Par elle j'ai découvert ces artistes modernes qui avaient élaboré un nouveau langage formel en abandonnant complètement les représentations conventionnelles de l'art traditionnel.
L'envoûtement venait de ce que ce langage était à la portée de l'observateur, non pas par sa valeur figurative, mais par la variation à la fois multiple et subtile de quelques principes élémentaires de création artistique (horizontal/vertical, grand/petit, clair/obscur et les couleurs primaires).



Vue pour la première fois "en vrai" à la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à l'occasion de l'exposition "dialogue avec l'art", en 2004, je peux l'admirer à nouveau aujourd'hui au petit palais.

Parlant des peintres auxquels il a rendu hommage, Yves Saint-Laurent écrit encore :
"Je ne les ai pas copiés - qui pourrait s'aventurer à le faire ? - J'ai voulu tisser des liens entre la peinture et le vêtement, persuadé qu'un peintre est toujours de notre époque et peut accompagner la vie de chacun"

Je me souviens aussi du plaisir d'apprendre, l'année de mon bac, en 1983 qu'Yves Saint-Laurent était invité à New York au Metropolitan, Museum of Art, la première fois pour un couturier vivant. Par la suite, il a exposé dans de nombreux musées tels que Pékin, Paris, Moscou, Saint-Pétersbourg, Sydney ou Tokyo.

Si la "robe Mondrian" tient une place particulière dans mon coeur, tant d'autres créations d'YSL m'éblouissent tout autant !

Me reviennent encore en mémoire les frissons et le choc de "Belle de Jour" -où Catherine Deneuve est sublimée par les vêtements d'YSL-, regardé en cachette à la télévision, accroupie sur une marche de l'escalier de la maison de mon enfance, sans le son et la moitié de l'écran dissimulé par la porte entrebâillée.




Au plus près des étoffes et du montage des pans et des plis qui structure le vêtement, c'est aussi l'exceptionnelle maîtrise technique qui s'impose au regard :
Là un tombé parfait,

Ici, l'infinie délicatesse des paillettes brodées,



"Une femme. Elle est là. Et lui, il est ici. Il dessine.
Et la femme, la voilà habillée".
(Marguerite Duras)


08 juin 2010

Nicolas & Vladimir



"La contemplation de la beauté, qu'il s'agisse d'un coucher de soleil aux tonalités particulières, d'un visage lumineux ou d'une oeuvre d'art, nous force à nous retourner inconsciemment sur notre propre passé, à nous confronter, à confronter notre âme à la beauté parfaite et inaccessible qui nous est dévoilée".
La Vénitienne, p. 195

Attirée d'emblée par l'expressionnisme abstrait si séduisant de Nicolas de Staël, puis véritablement arrimée dans les pages au papier velouté : une bonne odeur de papier neuf, un texte dense mais habillé d'une belle typographie.

Nicolas de Staël et Vladimir Nabokov sont tous deux nés à Saint Pétersbourg dans des familles aristocratiques. Mais la comparaison s'arrête là : une vie courte et tragique (1914-1955) pour le premier qui quitta la Russie à l'âge de deux ans, une longue vie pour le second qui, né en 1899, vécut jusqu'en 1977, eut une enfance heureuse entre la Russie, jusqu'à la révolution, puis Berlin, Paris et l'Angeterre où il suivit des études de lettres à Cambridge.
Malgré ces différences, il semble que "l'âme russe" surgisse aussi farouchement dans les masses de couleur du peintre que dans la prose de l'écrivain.

Le genre littéraire de la nouvelle interprêté par Nabokov est une succession de friandises, de fantaisies succulentes, la lecture de l'une créant aussitôt une irrépressible envie d'en déguster une de plus.

"La locomotive, jouant rapidement des coudes, courrait à vive allure à travers une forêt de pins, puis, soulagée, au milieu des champs. N'entrevoyant que vaguement encore toute l'absurdité et l'horreur de la situation et essayant peut être de se persuader que tout était pour le mieux, Vassili Ivanovitch trouva le moyen de jouir des charmes fugitifs qu'offraient la route. (...) Le soleil grimpa peu à peu vers un coin de la fenêtre et inonda soudain la banquette jaune. L'ombre affreusement écrasée du wagon fuyait comme une folle sur l'herbe du talus où les fleurs se fondaient en stries de couleurs. Un passage à niveau : un cycliste attendait, un pied posé à terre. Des arbres apparurent en groupes ou isolés, pivotant froidement d'un air narquois comme pour présenter la dernière mode. L'humidité bleue d'un ravin. Un souvenir d'amour déguisé en prairie. Nuages effilés -lévriers du ciel".
Lac, nuage, château, p. 601

04 juin 2010

Tengri, le bleu du ciel



Un histoire d'amour boulversante, les espaces sublimes et infinis de la steppe kirghize, une musique envoutante : tous les ingrédients réunis là pour créer un moment de pur bonheur, comme un écho à ma propre légende.



Tengri, le bleu du ciel un film de Marie-Jaoul de Poncheville, n’est pourtant pas seulement un film d’amour.
À l'irréristible sourire de l'actrice Albina Imachova, s'ajoute
un regard aiguisé sur la condition féminine des peuples tribaux et une ode à la transgression des frontières.
La confluence des peuples kirghize, Kazakh, russes, sourd dans ces images, ainsi que l'importance de l'identité.


Je pense aussi à cet autre film, Urga de Nikita Mikalkov, sorti en 1991, qui m'avait transporté de la même façon sur les ailes du vent de l'Asie centrale.

02 juin 2010

Autour du cou




Autour du cou, la force du buffle enrobée de douce laque rouge...

La ligne de bijoux Corne et Laque est née de la juxtaposition de deux techniques artisanales traditionnelles dont les origines se perdent en Asie dans la nuit des temps.
Au Viêt Nam, au Sud de Saïg
on, un petit groupe d'artisans passionnés perpétue ces savoir-faire pour Hermès
Chaque bijou est taillé, façonné à chaud, puis minutieusement laqué à la main dans les règles de l'art pour recevoir les nombreuses couches de laque qui lui donneront toute sa beauté.

谢谢 !*

*merci !




01 juin 2010

Quintessence du fabuleux


Je regarde,
dans le numéro 12 de "Grande galerie" le journal du Louvre, une fantastique série de photographie de Karen Knorr réalisée au Louvre et lis l'article d'Adrien Goetz.

Un délicieux humour so british émane de "Cult of Kharites", "le culte des Cariatides", où un guépard, un chameau et un pan semblent deviser aimablement devant les trois grâces...



Quel joie de découvrir une artiste qui explore des univers qui me sont chers ! Dès la page d'accueil du site de Karen Knorr, je frémis de plaisir : un oiseau à l'air frondeur traverse un lieu de passage où l'étagement des portes passe pour un tableau de Piet Mondrian.


Plus loin, je découvre la série "Fables" : cela est enchanteur, délicat, surnaturel comme la "quintessence du fabuleux", un subtil assemblage d’imaginaire et de réel, une chimère malicieusement devenue réalité.



Au-delà de leur séduction immédiate, cette équivoque fait la force des photographies de Karen Knorr.



Née à Francfort dans les années 50, Karen Knorr est Américaine et vit à Londres. Après avoir grandi au Puerto Rico, elle a étudié en France et en Grande Bretagne, notamment au Polytechnic of Central London.



Tout un bestiaire est mis en scène dans des contextes inattendus. "Fables" est une narration sans parole dont les animaux sont les protagonistes.
Pour ce travail, Karen Knorr est allée dans les châteaux de Chambord et de Chantilly, le musée Carnavalet, le musée de la Chasse et de la Nature, photographier à l’argentique.

Dans ces intérieurs encore imprégnés par la pompe des siècles passés, elle a disposé des animaux empaillés ou vivants, tantôt au moment de la prise de vue, tantôt par retouches numériques.



"Fables" est un ensemble qui se nourrit de multiples influences.

Longtemps avant d'être sublimé par La Fontaine, le grec Ésope, au VIIe siècle avant Jésus Christ recourait déjà à l’allégorie animale pour illustrer un propos moral.

Je pense aussi
aux peintres animaliers hollandais du XVIIe siècle, et surtout au flamand Pieter Boel (1622-1674), peintre des animaux de Louis XIV.


Pieter BOEL, dit Boule (Anvers, 1622 - Paris, 1674)
Étude d'une grue couronnée, à dater entre 1669 et 1671
Peinture à l'huile, toile 1,01 x 0,80 m,
Conservé au Musée du Louvre.




Cette invitation à l’humilité que nous adressent ces animaux dans le silence n’est pas sans évoquer encore l’art de la vanité, et pose la question de l'impermanence humaine.




28 mai 2010

Nuit de chine, nuit caline, nuit...



今天晚上, 考完试以后我觉的又累又饿,
头也有一点儿疼
... *



* Ce soir, une fois les épreuves terminées, je me sens fatiguée et affamée et j'ai un peu mal à la tête...


22 avril 2010

Les belles vacances



Flâner entre les murs des venelles où se coule la lumière dorée de la fin du jour, un sécateur dans une main, un panier dans l'autre, quand au détour du chemin surgit le scintillement des eaux du golfe : quel bonheur !

16 avril 2010

Beautés froissées




L'artiste Rupert Shrive renouvelle l'art du portrait dans ces beautés froissées, transforme la peinture en sculpture.
Des traits fardés et troublants de ses visages au bord de la disparition émane un parfum évanescent et prégnant à la fois qui me rappelle celui des ukiyo-e, des belles courtisanes des images du monde flottant japonais de l'époque d'Édo.

Kakemono de Kaigetsudo Ando,
encre et couleurs sur soie, XVIIe siècle,
conservé au Japon.


Ils ont aussi à voir, avec la vive émotion née de la nostalgie du regard des portraits du Fayoum.


Portrait de femme, 24 X 42 cm,
bois de tilleul peint à l'encaustique et doré, milieu du IIe siècle après J.-C., Fayoum ?, conservé au Musée du Louvre.


«J’essaie de capturer des moments éphémères, des présences fugitives, comme les visages que vous voyez trembler à la lumière d’un feu. Donc l’impermanence des choses est certainement là […]. Cela me fascine et est très difficile à saisir dans une peinture », confie l’artiste anglais au critique d’art Michael Peppiatt, biographe de Francis Bacon.



Les oeuvres de Rupert Shrive ont cela de merveilleux qu'elles me procurent un double plaisir : celui de leur beauté intrinsèque, auquel s'ajoute l'évocation d'autres univers créatifs qui m'émeuvent particulièrement, comme cette "Chinese girl" qui m'emporte instantanément dans l'ambiance nocturne et mélancolique du film de Wong Kar Wai, "In the mood for love".



Rupert Shrive vit et travaille à Londres et Paris.
Né en 1965, il a grandi à Norfolk et suivi ses études à l’école d’art de Norwich puis à celle de St Martin à Londres.